RDC: comment la masculinité positive peut prémunir les violences basées sur le genre

En 2024, le ministère du Genre a recensé 127.047 cas des VBG, et pour la plupart des viols et violences physiques.
21-Mars-2026

Le mois dédié à la promotion des droits des femmes est une occasion favorable pour le Réseau des Journalistes pour la Santé Sexuelle et Reproductive (RJSSR) de sensibiliser l’opinion tant nationale qu’internationale sur les droits fondamentaux des femmes.

Pour son deuxième déjeuner de presse organisé samedi 14 mars 2026, le RJSSR a mis en avant la promotion des masculinités positives pour prévenir et agir contre les violences basées sur le genre en République Démocratique du Congo.


Membre de la cellule sur la masculinité positive au ministère du Genre, Famille et Enfant, M. Jean Mbo a fait savoir que la question des violences basées sur le Genre est un grand défi en RDC, et que
le ministère du genre a une base des données sur ces violences.

« Cette base des données est alimentée par les services de base. Les infos partent de la base pour remonter au ministère. Tout est répertorié, sauf dans certaines provinces où les services ne sont pas encore implantés », a-t-il dit aux journalistes membres du RJSSR.

Seulement pour l’an 2024, poursuit Jean Mbo, le ministère du Genre a recensé 127.047 cas des VBG, et pour la plupart des viols et violences physiques. 

« C’est une question de société et même une question de santé publique pour laquelle toute la communauté est appelée à intervenir ; qu’il s’agisse de la médecine, des juristes ou autres acteurs sociaux, nous sommes tous appelés à agir contre les violences faites à la femme », a lancé cet invité du RJSSR à ce déjeuner de presse.


La masculinité positive pour transformer les hommes

A en croire cet expert du ministère du Genre, famille et enfant, dans la plupart des cas, les stratégies de lutte contre les VBG menées dans le pays mettaient en avant les femmes ; en leur accordant l’éducation et en leur autonomisant. 

« Malheureusement, on mettait de côté l’homme, alors que dans 95% des cas, c’est lui l’auteur. Et si nous voulons agir à la base, il faut pousser les hommes dans cette lutte, et on sera dans l’approche de la prévention. Il faut transformer les hommes ; les prendre en charge et les rééduquer », a-t-il fait savoir, avant de signifier l’importance de la masculinité positive.

« Dans la masculinité positive, nous prenons en charge les hommes et leur santé mentale. Chaque cas de violence qui se commet dans la société, c’est une histoire particulière. L’auteur peut être une personne qui sort des groupes armés, et tout ce qu’il a vécu dans la milice, il veut le reproduire dans la société. C’est ainsi qu’il faut analyser tous ces aspects », a-t-il indiqué.

De par sa définition, Jean Mbo a précisé que : « la masculinité positive c’est l’ensemble des caractéristiques des hommes dépourvus des violences ; ce sont des hommes qui ne commettent pas des violences que ce soit sur les enfants ni sur les femmes ».

Et d’ajouter : « Généralement dans la société, lorsqu’on définit un homme, on le définit en fonction de la force, en fonction de la domination… Et la masculinité positive vient transformer cette définition en canalisant la force de l’homme vers des valeurs positives.
Les hommes positifs sont ceux-là qui s’engagent à pouvoir accompagner la femme dans la promotion de ses droits et dans la lutte contre les formes des violences faites à la femme. Un homme positif c’est un allié de la femme ».

 Une question de justice sociale

Pour Jean Mbo, tout homme épris de liberté et de justice est censé accompagner la femme. C’est ainsi qu’au ministère du Genre, un document a été élaboré : « la stratégie nationale de promotion de la masculinité positive » afin de servir de cadre de référence pour tous ceux qui travaillent pour la thématique. Ce document est composé de 4 axes d’intervention regroupés en 4 groupes : « les interventions dirigées vers l’individu ; les familles, la communauté et les institutions ».

« Par rapport à l’individu, il s’agit de l’éducation, de la communication interpersonnelle et de tout ce qui se fait pour transformer la personne (causerie éducative, contact avec les psychologues…). Pour l’approche familiale, il y a le dialogue entre les parents et les enfants (dialogue intergénérationnel) ; dialogue entre les époux… Au niveau de la communauté, il s’agit par exemple de parler avec les autorités coutumières, les leaders religieux, les différentes instances de socialisation des enfants… et Pour les institutions, partout où les hommes travaillent, il y a des violences qui se commettent. Ainsi, il faudrait appliquer la masculinité positive au niveau des institutions au moment de l’embauche, de la promotion des grades mais aussi dans la rémunération… Il faudrait regarder la convention collective au niveau des institutions pour voir les droits des femmes qui ne sont pas respectés, et organiser les plaidoyers pour atteindre ces droits », a-t-il expliqué, avant de révéler que la masculinité positive est une nouvelle approche de promotion des droits des femmes, une nouvelle approche de lutte contre les violences faites à la femme et la jeune fille.

Ce déjeuner de presse, de par son sens pédagogique, permet aux journalistes membres du RJSSR d’être renforcés en capacité pour leurs émissions, publications et autres productions médiatiques sur les questions fondamentales des droits des femmes en RD Congo.

Altesse Makambo


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